20 juin 2021
Feuille paroissiale n° 13 du 28 mars 2021

Feuille paroissiale n° 13 du 28 mars 2021

Feuille paroissiale des rameaux et de la Passion

Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté

C’est une messe bien étrange que la messe des rameaux. Une messe qui commence dans la joie d’acclamer notre roi entrant à Jérusalem, palmes à la main ; une messe aussi, qui nous fait entrer dans la semaine sainte par la méditation de la Passion du Christ.

Acclamation, louange et joie côtoient presque indécemment l’humiliation, l’anéantissement et la mort même. On peut se lamenter longuement sur l’inconstance de cette foule, la même qui offre une entrée triomphale au Christ et qui quelques jours plus tard exigera son crucifiement.

Instabilité de l’homme qui se meut au gré des courants de ses émotions et de ses intérêts. Fragilité d’une louange qui se changera en indifférence haineuse. Bassesse d’une humanité qui cherche un sol sur lequel affermir ses pas.

Il y a tout cela certes dans l’ambivalence de notre entrée dans la Semaine sainte.

Mais, au milieu de tant de pusillanimité, au cœur de notre mesquinerie, se dresse l’homme des douleurs. Il marche, lui, avec la fermeté de celui qui est prêt à porter tout de notre humanité. Il avance celui dont l’oreille est ouverte et qui ne veut se dérober à rien de ce qui doit nous apporter le salut.

Il est là présent, au milieu de cette foule, au milieu de son peuple. Acclamé, humilié, mis à mort, il demeure. Ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti. Pas d’un anéantissement qui rendrait vaine son existence ; pas d’un anéantissement qui serait un reniement de la vie.

Mais de l’anéantissement de celui qui s’offre. De l’anéantissement divin qui s’abaisse jusqu’à l’extrême petitesse de l’humanité pour l’élever jusqu’à lui. Entrons dans cette semaine sainte, les yeux fixés sur Jésus-Christ, le regard rivé à cette chair divine qui traverse toute l’épaisseur de notre misère pour nous conduire dans la paix jusqu’à la splendeur de son mystère.

Amen.

Édito du Père Baptiste MILAN, vicaire

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