21 octobre 2021

Feuille paroissiale n° 35 du 27 septembre 2020

Feuille paroissiale de Saint Ambroise

Je ne veux pas !

Je ne veux pas ! Quel parent ou quel éducateur ne s’est pas retrouvé exaspéré par cette phrase d’un enfant dans sa version plus commune : Non, j’ai pas envie ! Et l’adulte de répondre : Mais je ne te demande pas si tu as envie !

Et c’est justement cet enfant récalcitrant que Jésus prend en exemple. Pas par goût immodéré de la rébellion, mais par tendresse paternelle en face d’une liberté humaine aimée jusqu’à la folie divine.

Dieu laisse à notre liberté la possibilité d’un refus. Dieu n’a pas une tâche à nous confier qui doit être exécutée et qui le sera par nous ou par un autre ; Dieu nous appelle à une mission, il nous fait entrer dans un envoi personnel qui perd son sens si nous n’y adhérons pas.

Non, je ne veux pas travailler à la vigne, dit le premier fils. Je ne veux pas m’épuiser à la tâche, je ne veux pas me fatiguer pour récolter un vin que je ne boirai pas. Alors, il s’en va et marche : maintenant que je sais ce que je ne veux pas, peut-être que je pourrai découvrir ce que je veux.

Et pourquoi mon père tient-il tant à cette vigne ? Pourquoi y consacre-t-il sa vie ? Il a trouvé, lui, ce qu’il voulait. D’un peu de terre, il tire le vin qui réjouit le cœur de l’homme ; avec une simple plante, il transforme un coteau aride en paysage digne des plus belles toiles de maître. D’hommes et de femmes désœuvrés, il fait les collaborateurs d’un projet qui les dépasse.

Si les publicains et les prostituées entrent dans cette vigne avec plus d’empressement que les pharisiens installés que nous sommes, c’est qu’ils voient la lumière qui jaillit de cette vigne, ils voient que le travail pour ce Royaume les sauve ici et maintenant. Ils n’entendent pas l’appel d’un devoir à accomplir, mais le souffle des trompettes qui clament leur entrée dans la joie et la liberté des enfants de Dieu.

Acceptons humblement qu’ils nous précèdent dans le Royaume de Dieu, tous ceux qui sentent avec douleur le poids de chaînes qui devraient nous faire gémir avec eux et que nous ne voyons presque plus.

Édito du Père Baptiste MILANI, vicaire

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