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Feuille paroissiale n° 10 du 30 janvier 2022

Feuille paroissiale – 4ème dimanche du Temps Ordinaire

« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

En apparence, cette question qui retentit dans la synagogue de Nazareth est anodine. Elle comporte d’ailleurs une part de vérité puisque le Verbe s’est fait chair et qu’il a tout assumé de notre humanité – excepté le péché. Jésus a donc vécu son enfance dans ce lieu, aux côtés de de Joseph et de Marie. Ainsi, Jésus est reconnu par tous comme le fils de Joseph, le charpentier connu de tous, comme celui qui a grandi en taille et en sagesse au milieu des siens.

Mais Jésus perçoit bien sous cette question des Nazaréens autre chose qu’une simple constatation qui tombe sous le sens… Il y a chez eux une attente pas tout à fait ajustée. Celui qui a fait de nombreux miracles à Capharnaüm est attendu au tournant lorsqu’il rentre au village. Il est sommé de faire ici ce qu’il a accompli avec force et puissance ailleurs. Et la gratuité du salut, l’acte par lequel Jésus manifeste sa divinité, ne peut plus être un don de sa part, c’est devenu un dû. Ce n’est plus le fruit d’une attente patiente et pleine de foi de la part des Nazaréens, c’est devenu la jalousie voire l’aigreur de ceux qui s’estiment en droit de recevoir la meilleure part. Malheureusement, les siens n’ont pas su l’accueillir et ils deviennent furieux à l’idée de ne pas recevoir plus que les autres sous prétexte qu’ils l’ont vu grandir.

Par sa réponse, Jésus a visé juste. Trop juste peut-être. Leur jalousie est telle qu’ils veulent le précipiter en bas de la colline. Mais c’est peine perdue car son heure n’est pas encore venue. Et la divinité que Jésus ne peut manifester miraculeusement, comme un don de son amour, va se déployer mystérieusement dans l’humilité et la douceur qui répondent à la violence :

« passant au milieu d’eux, il allait son chemin ».

Luc 4, 30

Chemin qu’il continue dans ce monde qui l’ignore – le plus souvent – et qui parfois le méprise. Mais pour ceux qui se confient humblement en Lui et qui l’implorent avec foi, des miracles sont à attendre.

Édito du Père Maxime PETIT

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