FIP

Feuille paroissiale n° 14 du 27 février 2022

Feuille paroissiale – 8ème dimanche du Temps Ordinaire

Cultiver un esprit de jugement de soi-même

Incontestablement il est plus facile de voir que de se voir :

N’avons-nous pas tendance à juger les autres à l’aulne de nos valeurs ou de nos principes et à repérer chez les autres le moindre petit fétu de paille sur lequel nous mettons une loupe et ne voyons qu’une poutre ?

Qu’est-ce qui fait que ma vue déforme ainsi les autres ?

Le désir sans limite de savoir ou de tout avoir peut introduire en moi une sorte de pathologie qui me rendrait autosuffisant intellectuellement et orgueilleux jusque sur le plan spirituel ; une maladie qui fait que je me prends moi-même pour l’étalon du bien et du mal ; alors j’aligne tous les autres par rapport à moi et à « mes petites valeurs » oubliant de me juger moi-même.

Jésus m’invite à me regarder et à m’interroger sur moi-même. Si j’accepte de me juger moi-même, il se peut que je découvre de vraies poutres et si je me juge honnêtement moi-même reconnaissant mes travers et faiblesses je pourrai peut-être aussi aider les autres à se regarder. Une conscience claire de moi-même devrait me protéger de porter des jugements à l’emporte-pièce ou définitifs sur autrui. Plus grave encore pour Jésus : je suis un hypocrite en prétendant être aimé de Dieu au moment même où j’arrête sur autrui mon jugement malveillant, enfermant… destructeur.

Si je ne relève pas cette contradiction alors je me mets moi-même en dehors de la dynamique du salut que me propose un Dieu qui toujours relève. La parole qui sauve est celle qui est bienveillance gratuite, offerte sans préalable et sans condition, sans retour. L’aveuglement n’est-il pas celui qui me fait oublier ma propre faiblesse alors qu’elle devrait toujours me rendre bienveillant pour autrui ?

« Jésus nous appelle à un élan de vérité entamant un chemin de conversion »

cf. Sœur Véronique Thiébaut – assomptionniste.

C’est le Christ et lui seul qu’il faut regarder, contempler pour purifier notre regard, guérir notre œil et laisser la lumière de son amour inonder notre cœur.

Édito d’André Maillard, Diacre, Chargé de Mission à la Direction Générale de L’Œuvre d’Orient

Aller au contenu principal