21 octobre 2021

Feuille paroissiale n° 13 du 28 mars 2021

Feuille paroissiale des rameaux et de la Passion

Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas rĂ©voltĂ©

C’est une messe bien étrange que la messe des rameaux. Une messe qui commence dans la joie d’acclamer notre roi entrant à Jérusalem, palmes à la main ; une messe aussi, qui nous fait entrer dans la semaine sainte par la méditation de la Passion du Christ.

Acclamation, louange et joie cĂ´toient presque indĂ©cemment l’humiliation, l’anĂ©antissement et la mort mĂŞme. On peut se lamenter longuement sur l’inconstance de cette foule, la mĂŞme qui offre une entrĂ©e triomphale au Christ et qui quelques jours plus tard exigera son crucifiement.

InstabilitĂ© de l’homme qui se meut au grĂ© des courants de ses Ă©motions et de ses intĂ©rĂŞts. FragilitĂ© d’une louange qui se changera en indiffĂ©rence haineuse. Bassesse d’une humanitĂ© qui cherche un sol sur lequel affermir ses pas.

Il y a tout cela certes dans l’ambivalence de notre entrée dans la Semaine sainte.

Mais, au milieu de tant de pusillanimitĂ©, au cĹ“ur de notre mesquinerie, se dresse l’homme des douleurs. Il marche, lui, avec la fermetĂ© de celui qui est prĂŞt Ă  porter tout de notre humanitĂ©. Il avance celui dont l’oreille est ouverte et qui ne veut se dĂ©rober Ă  rien de ce qui doit nous apporter le salut.

Il est lĂ  prĂ©sent, au milieu de cette foule, au milieu de son peuple. AcclamĂ©, humiliĂ©, mis Ă  mort, il demeure. Ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait Ă  Dieu. Mais il s’est anĂ©anti. Pas d’un anĂ©antissement qui rendrait vaine son existence ; pas d’un anĂ©antissement qui serait un reniement de la vie.

Mais de l’anĂ©antissement de celui qui s’offre. De l’anĂ©antissement divin qui s’abaisse jusqu’à l’extrĂŞme petitesse de l’humanitĂ© pour l’élever jusqu’à lui. Entrons dans cette semaine sainte, les yeux fixĂ©s sur JĂ©sus-Christ, le regard rivĂ© Ă  cette chair divine qui traverse toute l’épaisseur de notre misère pour nous conduire dans la paix jusqu’à la splendeur de son mystère.

Amen.

Édito du Père Baptiste MILANI, vicaire

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