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Feuille paroissiale n° 19 du 3 avril 2022

Feuille paroissiale – 5ème dimanche de CarĂŞme

« Voici que je fais une chose nouvelle : ne la voyez-vous pas ? ».

Il ne s’agit pas là d’une banale joute de rabbins, dont Jésus se sortirait magistralement, rabattant leurs caquets à tous ces scribes pointilleux… À l’approche du dimanche des Rameaux et de la Passion, nous sentons déjà peser sur Jésus les menaces de son procès, ses enjeux de vie ou de mort. Au Temple au milieu des docteurs, ce n’est pas la femme adultère qui est jugée pour être lynchée : elle n’est que le prétexte pour accuser Jésus, soit d’enfreindre la Loi, soit de trahir sa propre miséricorde. Pour l’accuser et, dans quelques jours, le lyncher enfin, lui.

Et pourtant, ils sont là, elle et lui, « au milieu », tous les deux menacés. Jésus est avec elle, comme toujours : il a été mis au rang des pécheurs. C’est à l’occasion de son adultère à elle qu’il est attaqué, mais c’est justement pour la sauver de son péché qu’il endurera la Passion. Pour lui, elle est bien plus qu’un prétexte : elle est, dans son péché même, sa raison de vivre et de donner sa vie. Ce qu’il lui dit dans leur face-à-face final sera rendu possible par le don de la grâce, que sa mort et sa résurrection lui obtiendront : « Va, et désormais ne pèche plus ». La voilà, la chose nouvelle.

La femme adultère, c’est nous. Adultères, nous sommes allés chercher notre amour et notre vie ailleurs qu’en Dieu. Il est temps de revenir, et de vivre à notre tour ce face-à-face béni où Jésus nous recrée pour un chemin nouveau. Il est temps de recevoir, inespéré, le surcroît d’existence qui nous donnera de le suivre, pleins de gratitude, en sa Passion qui nous sauve. Cette femme-là justement, ne l’aurait-elle pas suivi jusqu’à la Croix et au-delà ?

Père Thomas Duthilleul

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